11- Vincent -Nicolas Boissonneau né en 1637; marié à Anne Colin le 18 octobre 1669 à Iles d'Orléans.
VINCENT-NICOLAS BOISSONNEAU dit Saintonge
Vincent-Nicolas est né vers 1637, fils de Jean Boissonneau et de Jeanne Cochin ou Cochen, à Saint-Seurin dUzet, au bourg de Mortagne, évêché de Saintes, en Saintonge.
Il arrive au pays à 30 ans ou presque, après avoir vraisemblablement guerroyé plusieurs années sur le sol français ou en Allemagne.
Les 19 et 30 juin 1665, les premières unités du Régiment de Carignan arrivent, suivies de d'autres le 16 juillet. Les 18 et 19 août, deux navires jettent l'ancre à Québec chargés chacun de quatre compagnies commandées par le colonel de Salières lui-même; cinq jours plus tard le capitaine Guyon en emmène quatre autres. Enfin, le 12 septembre, le Saint-Sébastien et le Jardin de Hollande et, deux jours plus tard le Justice, transbordent sur le sol québécois plusieurs autres compagnies qu'accompagnent le gouverneur général de Courcelles et l'intendant Jean Talon.
Vincent-Nicolas Boissonneau fait partie de la compagnie du capitaine Maximy qui arrive en septembre en même temps que celles des capitaines Latour, Lanoraye, Loubias, Saint-Ours, Petit, Duprat, et Dugué.
Le 24 janvier 1666, les capitaines de Lafouille, Maximy et Loubias se retrouvent aux Trois-Rivières avec leurs hommes. Le lendemain, journée extrêmement froide, les trois compagnies se mettent en marche à travers le Lac Saint-Pierre afin de se rendre au Fort Richelieu. Quelques soldats, dont les jambes sont tailladées par les glaces ou dont les mains et les bras commencent à geler, doivent rebrousser chemin. Le 30 janvier, toute l'armée part du fort Sainte-Thérèse pour aller attaquer les bourgades des Agniers (iroquois), mais la guerre fera moins de victimes que la faim et le froid.
Une fois le conflit terminé, le soldat Boissonneau accepte de demeurer dans la colonie. Il reçoit donc les cent francs que le roi lui offre pour l'aider à s'installer et attend patiemment que le souverain lui délègue l'une de ses "filles". Entre-temps, il décide de s'établir dans l'île dOrléans.
Le 18 octobre 1669, Vincent-Nicolas a découvert celle dont il veut faire la reine de son foyer. En l'église Sainte-Famille, il épouse Anne Colin, née vers 1645, à Sainte-Croix de Sens, en Orléanais, et elle est la fille de Nicolas Colin et d'Isabelle Calende.
Le 7 avril 1674, il prend à bail une terre de Simon Rocheron. Vers la même époque, il reçoit une terre de trois arpents de front sis à Saint-Jean de l'île d'Orléans, entre celle de Méry Blouin et de Jean Brochu. C'est là que l'ancêtre installe sa famille de façon définitive.
Le 3 août 1678, la famille est décimée par un tragique incendie, trois enfants perdent la vie dans un incendie. Quatre de ses neuf autres rejetons mourront en bas âge et, l'avant-dernier fils, mènera une existence bien pénible pour la famille puisqu'il était "idiot et tombait du haut mal" (épilepsie).
Le recensement de 1681 révèle que Boissonneau, alors âgé de 44 ans et sa femme de dix ans sa cadette, possède dans le comté de Saint-Laurent trois bêtes à cornes et cinq arpents en valeur.
Des douze enfants, celui qui tisse le rameau pour nous, jusquà lancêtre Boissonneau, cest Jean, né en 1679 et décédé avant 1746.
Boissonneau se fait tour à tour appeler par l'un ou l'autre de ses prénoms, quoique celui de Vincent prédomine dans les actes notariés.
Vincent-Nicolas Boissonneau, dit Saintonge, et Anne Colin vivent jusqu'à un âge passablement avancé. Ils sont inhumés à Saint-Jean, lui le 14 septembre 1715, à environ 80 ans; elle le 29 juillet 1719, à quelques 75 ans.
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D'après "Nos Ancêtres Tome 7" de Jacques Saintonge, Sainte-Anne de Beaupré, 1983
Si l'épreuve est la pierre de touche de l'homme vertueux, comme l'a si bien dit le poète Théognis dans ses Sentences élégiaques (1), l'ancêtre Vincent-Nicolas Boissonneau a été littéralement écrasé sous le poids de ses qualités de coeur et d'esprit. Le 3 août 1678, ses trois plus jeunes enfants, Philippe, Anne et René, perdent la vie dans un incendie. Quatre de ses neuf autres rejetons mourront en bas âge et Jean-Pierre, l'avant-dernier fils, mènera une existence bien pénible pour la famille puisqu'il était "idiot et tombait du haut mal" (2).
Notre homme a sans doute appris de bonne heure à faire face courageusement à l'adversité, car il arrive au pays à trente ans ou presque, après avoir vraisemblablement guerroyé plusieurs années sur le sol français ou en Allemagne.
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Les 19 et 30 juin 1665, les premières unités du Régiment de Carignan arrivent au Canada, suivies d'un certain nombre d'autres le 16 juillet. Les 18 et 19 août, deux navires jettent l'ancre à Québec chargés chacun de quatre compagnies commandées par le colonel de Salières lui-même; cinq jour plus tard le capitaine Guyon en emmène quatre autres. Enfin, le 12 septembre, le Saint-Sébastien et le Jardin de Hollande et, deux jours plus tard le Justice, transbordent sur le sol québécois plusieurs autres compagnies qu'accompagnent le gouverneur général de Courcelles et l'intendant Jean Talon. |
Vincent-Nicolas Boissonneau fait partie de la compagnie du capitaine Maximy qui arrive en septembre (4) en même temps que celles des capitaines Latour, Lanoraye, Loubias, Saint-Ours, Petit, Duprat, et Dugué.
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Le 30 septembre 1665, Marie de l'Incarnation écrit ce qui
suit à son fils: "Tous les vaisseaux sont arrivés et nous ont amenés le reste de l'armée avec les personnes les plus considérables que le roi envoie pour secourir le pays. Ils ont pensé périr tous à cause des tempêtes qui les ont arrêtés quatre mois durant le trajet. Aux approches des terres, impatients d'une si longue navigation, ils ont trop tôt ouverts les sabords de leur navire, ce qui a fait que l'air y étant trop entré, la maladie s'y est mise, qui a causé bien de la désolation. D'abord il en est mort vingt, et il a fallu en mettre cent trente à l'hôpital, entre lesquels il y avait plusieurs gentilshommes volontaires, que le désir de donner leur vie pour Dieu avait fait embarquer. La salle de l'hôpital était pleine; il en a fallu mettre dans l'église, laquelle était remplie jusqu'aux balustres; il a fallu avoir recours aux maisons voisines, ce qui a extraordinairement fatigué toutes les religieuses, mais ce qui a aussi excellement augmenté leur mérite." |
À la guerre comme à la guerre Vincent-Nicolas n'est pas encore au bout de ses peines! Le 24 janvier 1666, les capitaines de Lafouille, Maximy et Loubias se retrouvent aux Trois-Rivières avec leurs hommes. Le lendemain, journée extrêmement froide, les trois compagnies se mettent en marche à travers le Lac Saint-Pierre afin de se rendre au Fort Richelieu. Quelques soldats, dont les jambes sont tailladées par les glaces ou dont les mains et les bras commencent à geler, doivent rebrousser chemin. Le 30 janvier, toute l'armée part du fort Sainte-Thérèse pour aller attaquer les bourgades des Agniers, mais la guerre fera moins de victimes que la faim et le froid.
Une fois le conflit terminé, le soldat Boissonneau sera du nombre de ceux qui accepteront de demeurer dans la colonie. Il reçoit donc les cent francs que le roi lui offre pour l'aider à s'installer et attend patiemment que le souverain lui délègue l'une de ses "filles". Entretemps, il décide de s'établir dans l'Île d'Orléans qu'il connaît bien car il y a déjà été cantonné avec sa compagnie (5).
| Le 18 octobre 1669, Vincent-Nicolas a découvert celle
dont il veut faire la reine de son foyer. En l'église Sainte-Famille, il épouse Anne
Colin en présence de deux coparoissiens: Pierre Roche et Pierre Garant. Une semaine plus
tard, le notaire Romain Becquet rédige son contrat de mariage. Le tabellion note que
l'époux, habitant de l'Île d'Orléans, est le fils de défunt Jean Boissonneau et de
Jeanne Cochin, de la paroisse Saint-Seurin au bourg de Mortagne (6), évêché de Saines.
L'épouse est née à Sainte-Croix de Sens, en Orléanais, et elle est la fille de Nicolas
Colin et d'Isabelle Calende. Anne apporte des biens estimés à 200 livres plus un don de
50 livres du roi (7). Parmi les invités à la signature du contrat, on remarque Marie-Barbe de Boullogne, veuve de l'ancien gouverneur général Louis d'Ailleboust; Anne Gasnier, la grande protectrice des "filles du roi", veuve de Jean Bourdon, ancien procureur du roi au Conseil souverain; Étienne Blanchon dit Larose, Philippe de Poitiers, Nicolas Droysy, Gilles Dutarte, Jean-Baptiste Gosset, etc. Durant les années qui suivent son mariage, on n'entend guère parler de Vincent-Nicolas. L'ancêtre consolide son emprise sur le lot qu'il n'a probablement pas encore acquis en bonne et due forme. |
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Le 7 avril 1674 (8), il prend à bail une terre appartenant à Simon Rocheron. Vers la même époque (9), il acquiert de Guy Boidin, dit St-Martin, un autre membre de la compagnie de Maximy, une terre de trois arpents de front sis à Saint-Jean de l'Île d'Orléans, entre celle de Méry Blouin et de Jean Brochu. C'est là que l'ancêtre installera sa famille de façon définitive.
Le recensement de 1681 révèle que Boissonneau, alors àgé de 44 ans et sa femme de dix ans sa cadette, possède dans le comté de Saint-Laurent (10) trois bêtes à cornes et cinq arpents en valeur. La famille a déjà été décimée par le tragique incendie de 1678, mais seulement trois enfants sont mentionnés alors qu'en réalité il en a quatre: Élizabeth 11 ans, Jeanne 9 ans, Jean 2 ans, Jacques 2 mois. Les arpenteurs Villeneuve et de Catalogne indiqueront son emplacement sur leurs cartes publiées respectivement en 1689 et en 1709.
Fait curieux, Boissonneau se fait tour à tour appeler par l'un ou l'autre de ses prénoms, quoique celui de Vincent prédomine dans les actes notariés. Le 1er août 1707 (11), il rappelle son fils Jean déjà établi à Yamachiche afin de lui faire donation de deux des trois arpents acquis de Boidin 33 ans plus tôt. Il est clair qu'en cédant à son aîné les deux tiers de son bien, y compris une maison et du bétail, il veut que Jean soit le soutien de sa vieillesse. La terre de Saint-Jean demeurera propriété de la famille Boissonneau jusqu'au début du XIXe siècle.
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Une bonne douzaine d'enfants Vincent Boissonneau et Anne Colin vivront jusqu'à un âge passablement avancé. Ils seront inhumés à Saint-Jean, lui le 14 septembre 1715, à environ 80 ans; elle le 29 juillet 1719, à quelques 75 ans. Ils avaient été les parents d'une bonne douzaine d'enfants. Élisabeth, b Ste-Famille(SF) 19 juill 1670; m St-Jean. I.O.(SJ) 15 janv.1694 (c. Jacob, 12 janv.) à René Favreau ou Saureau dit Deslauriers, ci-devant soldat de M.des Bergères; s..... Jeanne(Marie)b SF 1 fév.1672; mSJ 8 nov.1700 à Jean-Bte Gélinas dit bellemare; s Yamachiche, 27 déc. 1757. Philippe b Québec 8 nov 1673; s SF 3 août 1678, brûlé Anne b SF 12 mars 1676; s SF 3 août 1678, brûlé René, b SF 12 juin et s 3 août 1678, brûlé Jean, b SF 24 juin 1679; m SF 16 nov 1707 (c. Jacob, 15 nov.) à Marguerite Choret; laquelle épouse 2e SJ 1 oct. 1736(L'acte lui donne le prénom de Catherine; par ses fils présents on constate qu'il s'agit de Marguerite.) , Pierre Lepage, capitaine de milice. Jacques, n 1681 (2 mois en 1681); s..... Louis, n 5 et b SJ 9 sept. 1683; s SJ 16 janv. 1685. Nicolas, n 29 oct et b SJ 2 vov. 1685; c. mar (annulé) 1 fév 1709 ( gr. Chambalon) avec Marie-Anne Joanne, veuve de Charles Manseau; m (c. Genaple. 12 juill1709) à Jeanne Poisson; n Hôtel-Dieu de québec (reg. St-Jean) 1737. Garcon, b et s SJ 16 août 1688 (Jean-)Pierre, b SJ 24 oct. 1689; s SJ 24 oct. 1724 Vincent, b SJ 14 avril 1692; s.....
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(1) Théognis (570-485 avant J.-C.); ses Sentences élégiaques sont des préceptes moraux en vers.
(2) Père Archange Godbout: "Nos ancètres au XVIIe siècle", RAPQ 1957-59, p. 424. Le "haut mal" est synonyme d'épilepsie.
(3) Benjamin Sulte, Le régiment de Carignan, Mémoires de la Société royale du Canada, 1902, p. 35.
(4) Roy et Malchelosse, Le régiment de Carignan, p. 67.
(5) Idem, p. 68.
(6) Saint-Seurin d'Uzet, près de Mortagne-sur Gironde, en Saintonge, aujourd'hui en Charente-Maritime.
(7) Silvio Dumas, Les Filles du Roi en Nouvelle-France, p. 208.
(8) Greffe de Pierre Duquet.
(9) RAPQ, 1951-53, p. 320.
(10) Le comté de Saint-Laurent est le nom attribué à cette époque au territoire de l'Île d'Orléans.
(11) Greffe de Louis Chambalon.