Le Parti
québécois a été fondé en 1968 pour
réaliser lindépendance du Québec. Son but
bien avoué, dès ses origines, était de Sortir
le Canada du Québec. Ou linverse. Trente-deux ans
plus tard, les Québécois nont toujours pas suivi
cette voie et le premier ministre actuel, Jean Bernard Landry,
nentend pas, de toute évidence, faire la
démonstration, noir sur blanc, que cest toujours cela
quil faut faire et que cest cela quil veut faire.
En langage de hockey, on dirait quil samuse avec la
«puck»! La rondelle pour les puristes!
Le Parti libéral
du Québec, pendant ces mêmes années, a
concocté une multitude de formules, qui, de toute
évidence aussi, ont toutes échoué.
Léchec du lac Meech a entraîné chez les
libéraux différentes formes de
fédéralisme. Les nommer en ligne me ferait certainement
échouer un examen dhistoire. Tout ce que lon sait
sur la position constitutionnelle actuelle du PLQ, cest
quil veut garder le Canada dans le Québec, permettre au
Canada et au gouvernement central de mettre de plus en plus ses gros
sabots sur le territoire québécois. Jean Charest, de
temps en temps, lance un : «Ça va faire !», puis se
rassoit bien sagement, attendant les événements.
Charest est un attentiste. Aucun perspectivisme sur le bout de ses
lèvres. Il veut le Canada différent, mais ne sait
où placer cette différence. Il semble bien,
quà lui seul, il est cette différence dans le
PLQ. Il est resté bleu dans lâme, même si on
la teint en rouge pour en faire un chef, une sorte de sauveur.
Il est inodore, incolore, sans saveur. Jean Charest a lair si
peu convaincu lorsquil parle du méchant loup
fédéraliste, que peu délecteurs le croient.
Quant à Mario
Dumont, il veut faire les choses «autrement». Un ancien
premier ministre, maintenant décédé, utilisait
le mot «désormais». Mais, peu importe, peu
délecteurs seraient capables de dire un iota du
programme constitutionnel de lADQ-Équipe Mario Dumont.
Pour ce dernier, il faut voter «autrement». Il faut soigner
«autrement». Il faut éduquer «autrement».
Il faut payer «autrement». Il faut vivre
«autrement». Peut-être, en cours de route, Super
Mario nous enseignera comment vieillir et mourir
«autrement». Mais la campagne électorale nest
pas commencée et il faut attendre quil nous montre
toutes les nouvelles façons de faire de la politique
«autrement». Bref, cest le retour au slogan Cest
temps que ça change de Jean Lesage, léquipe
en moins. Cest le temps dêtre un bon gouvernement,
de faire tout «autrement», sans savoir ce que ça
veut exactement dans les mots et dans les faits. Les
Québécois aiment ça, les slogans creux. Assez
creux pour y attirer la multitude qui nose pas
réfléchir sur les enjeux cachés derrière
ces réclames qui déambulent, dans ces temps-ci, dans
les rues des certaines circonscriptions qui sont en élection partielle.
Le Parti
québécois, dans tout ce brouhaha et dans cette
bousculade imprévisible, qui veut aussi faire les choses
«autrement», ne sait plus trop où donner de la
tête. Véritable girouette politique qui cherche le vent
du nord dans la tourmente qui lemporte, il cherche comment
séduire un électorat de plus en plus volatile et qui
sattache à la première bouée de sauvetage
lancée par le premier matelot, debout sur le pont dune
mer en furie. La dernière en lice : le rapatriement des points dimpôt.
Nayant plus le
courage de proposer aux Québécois
lindépendance, qui est le contrôle de tous les
impôts des Québécois, le premier ministre se
lance, tel un oiseau rapace, sur le programme du Parti libéral
qui, lui, veut rapatrier justement quelques-uns de ces points
dimpôt. Au Parti québécois, selon les
dernières nouvelles, on songe même à demander
à la population, et cela par voie référendaire,
si cette démarche est louable et nécessaire. Cest
comme demander à la terre entière si elle est
daccord avec une meilleure répartition de la richesse.
Le OUI lemporterait très majoritairement. Ce serait
lunanimité. Le OUI lemporterait sûrement,
avec plus de 50 % plus un. Et on ne se chicanerait pas, ni sur la
question qui, de toute évidence, serait claire, ni sur le
résultat qui dépasserait les scores exigés par
la loi C-20 ! Mais, selon moi, et selon tant dautres, ce serait
une pure perte de temps et dargent.
Si jamais un tel
référendum était tenu par le Parti
québécois, et cela dès lautomne qui vient,
je mengage, en mon âme et conscience, à voter NON
à une telle démarche. Le Parti québécois,
qui est toujours, selon les sbires du Parti, un parti politique
indépendantiste, ne peut pas être lartisan
dune position en laquelle il ne croit pas. A la rigueur, je
voterais OUI, si cétait Jean Charest qui posait la
même question. Pour la bonne et simple raison quune telle
démarche sinscrirait au moins dans la foulée
dune position fédéraliste. Le PQ semble dire
quà défaut daller chercher tous nos
impôts, on peut se contenter encore pour un certain temps,
dune partie de ce quil pourrait réclamer.
Cest fort astucieux. Mais cest politiquement malhonnête.
Comment expliquer
quun parti qui est voué à
lindépendance du Québec, qui souhaite que tous
les impôts reviennent en leur totalité au gouvernement
de Québec, en soit rendu à proposer aux
Québécois daller chercher notre part de butin
à Ottawa ? Cest, pour le PQ, de la
dégénérescence pure. On le voit bien, Maurice
Duplessis nest pas totalement mort dans les moeurs
péquistes, et si on peut sinspirer de cet esprit au
maximum, dans le but de conserver le pouvoir, on le fera.
Je nai pas à
ce point la conscience aussi élastique. Si vous croyez, chers
péquistes, à la cause que vous véhiculez,
battez-vous pour elle. Laissez à dautres qui croient au
système fédéral daccomplir le job que vous
voulez faire à leur place. Sinon, je serai bien obligé
de vous dire, une fois de plus, que votre parti nest plus
indépendantiste et quil est prêt à tout, y
compris lastuce des points dimpôt, pour coucher
à nouveau avec le pouvoir.
Posée par le
Parti québécois : Voulez-vous que le Québec
aille chercher certains points dimpôt à Ottawa ?
Ma réponse, cest : NON ! Voulez-vous que le Québec
aille chercher tous ses impôts à Ottawa et devienne un
pays libre ? Ma réponse, cest : OUI !
Le gouvernement ne peut
cautionner la position constitutionnelle dun autre parti
quil combat depuis toujours et qui prône,
constitutionnellement parlant, linversion de la position
indépendantiste. Laissez à ceux qui croient que le
Canada vaut la peine dêtre vécu, la
possibilité de le défendre encore. Il restera toujours
assez de temps pour démontrer, par la suite, que ce pays est
toujours invivable et quil faut de toute urgence faire le nôtre.
7 juin 2002