Tant
quà faire, pourquoi pas imiter Mario Dumont et
sappeler «Nouveau Parti
québécois-Équipe Jean Bernard Landry».
Il fallait de
limagination. Le Parti québécois sest
sabordé lui-même en fin de semaine dernière en
changeant tout simplement son nom. Devant deux cents bonzes accourus
dun peu partout au Québec, le parti sest
trouvé un nouveau nom. le N.P.Q : le Nouveau Parti
québécois. Comme le N.P.D. : le Nouveau Parti
démocratique. Les Québécois ont maintenant le
choix entre le P.L.Q., lA.D.Q. et le N.P.Q.
Le Parti
québécois nest plus ce parti original avec un
acronyme à deux lettres. Il peut se promener avec le sien qui
a maintenant trois lettres, comme le font les deux autres partis.
Tant quà faire, pourquoi pas imiter Mario Dumont et
sappeler «Nouveau Parti
québécois-Équipe Jean Bernard Landry». Si
le parti cherche de nouvelles idées, pourquoi ne pas aller
jusque-là! On est orignal, ou on ne lest pas, hein ?
Comme le Nouveau Parti
québécois na pas le courage de défendre
larticle UN de son programme et tout ce qui en découle,
il pige dans lassiette du Parti libéral, en jonglant
avec lidée de faire un référendum sur le
rapatriement des points dimpôt. Comme il na pas la
lucidité de présenter une vision globale et
complète dun Québec moderne et souverain, il
flirte avec les idées de la gauche progressiste, en empruntant
lidée dun salaire minimum garanti, dun
projet de loi anti-pauvreté, et cela, tout juste avant de
fermer la session. Et en noubliant pas de reporter le projet de
loi à lautomne, alors que le gouvernement sera sans
doute en élections générales.
Qui plus est, il se
prétend être le parti le plus «progressiste»
du Québec, en empruntant à lUDF, futur parti
indépendantiste et social-démocrate qui sera
fondé à Montréal, durant le prochain week-end.
Un peu de gauche, un peu de droite, un peu de tout et ça donne
le Nouveau Parti québécois.
Bref, le Nouveau Parti
québécois semble vouloir dire à tous les
électeurs du Québec quil est le plus progressiste
des partis, quil est le seul progressiste, quil est le
seul parti souverainiste, quil est le seul parti qui peut
défendre les intérêts du Québec, quil
est... etc. À vouloir emprunter un peu une partie de son
âme à tout venant, on en vient à perdre la sienne
propre. Que le Nouveau Parti québécois retrouve toute
son âme, qui est celle dêtre le véhicule qui
doit mener le Québec vers sa terre de liberté, et tous
ceux qui ont quitté le bateau, mal gouverné et mal
orienté, retourneront peut-être se battre avec le
capitaine qui, de ces temps-ci, se sent bien esseulé. On ne va
pas loin en politique, quand létoile du Nord qui doit
guider les matelots se confond avec les myriades détoiles
qui attirent momentanément. Il faut un chef qui donne la
direction claire. Tout cela manque au Nouveau Parti
québécois. Je nai pas le goût de voguer
dans toutes les directions, avec un capitaine qui ne sait pas
lui-même où il veut mener léquipage.
10 juin 2002