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La suite d’une trilogie entreprise en 1978

« Une intuition davantage qu’une démarche. Quarante ans après Transcanadienne Sortie 109, un collectif que j’ai co-signé, dont on a dit qu’il était l’un des cinq livres mythiques de photographie d’avant les années 1980 publiés au Québec, et après Drummondvillois publié en 1987, à peu près passé inaperçu à l’époque mais redécouvert récemment pour apparaître partiellement dans la collection de photographies du Musée des Beaux-arts de Montréal, voici un troisième ouvrage. Transcanadienne Sortie 109 avait un plan de travail que nous avions axé sur les aspects économique, culturel, social et sportif de Drummondville. Drummondvillois présentait davantage un point de vue orienté vers certains signes affichés dans le paysage drummondvillois, une approche tournée vers une sorte d’iconographie urbaine. Cantonville Sortie 2015 relève davantage de l’intuition, cette connaissance de type non discursif, qui montre et désigne ici photographiquement ce qui fait le quotidien de tous et chacun. Rien d’officiel donc, mais d’autant plus authentique parce non filtré par un quelconque service de communications, de relations publiques ou de propagande. Il n’y a ici aucun prétention à l’exhaustivité, juste un compte rendu de mes pérégrinations photographiques volages, surtout au centre-ville et aussi dans les quartiers Sainte-Thérèse et Saint-Jean-Baptiste, là où je circule le plus souvent. Une multiplication de clins d’œil à travers lesquels je salue Drummondville, là où il y a des gens, du vrai monde comme on dit parfois, des paysages urbains non maquillés; bref, pas seulement des statistiques, mais ce qui fait que Cantonville est ce qu’elle est, surréaliste et un brin poétique à ses heures. »

« Fabuleux ton livre » Michel LESSARD […]

« superbes photos, tu as vraiment donné le meilleur de toi-même. » André BOUCHER

« Comme d'habitude, très beau! La page couverture est attrayante d'ailleurs, voire surprenante. Une autre réussite. » Pierre-Alexandre FRADET […]

« I have been watching these photographs as you posted them on FB and every time I was amazed how well you frame these images. They are so well balanced and composed. A real pleasure to look at. As a set they look very well. I like how you placed them on pages next to each other. Good combination of two or sometimes more images on one spread. These images are very mysterious. For me a play of forms is more important than content but I do not see them as only a play with form. […] that is a real visual feast. You have a great eye, Jean. Thank for sharing with me. » […] Andrzej MACIEJEWSKI

« J'oublie de te dire: quel grand photographe tu es. Ces photos: un régal pour l'oeil et pour l'âme. » Benoît PATAR

« Bravo pour le livre Jean! Le choix des photos et la mise en page de l’ensemble sont superbes! » Jean-Sébastien VAILLANCOURT

 

Jean Lauzon fait partie de ces rares photographes qui ont non seulement le sens du cadrage mais l’œil pictural. Sa science de la lumière me fait songer invariablement au grand opérateur cinématographique John Alton en ceci qu’il maîtrise parfaitement les ombres et les lumières dans un rapport de proportion exquis. La façon dont il photographie, par exemple, des colonnes, des escaliers ou des rues désertes, qui sont des êtres inertes, et la vie qu’il en dégage est une des choses les plus satisfaisantes pour l’âme qu’il me soit connu. Et les êtres vivants, eux aussi, ne sont pas en reste, ces enfants par exemple, dont il cueille le regard et la légère ironie, ou ces personnes qui indiquent du doigt un univers absent dont ils révèlent en quelque sorte l’existence à regret.
Cette façon de regarder les choses, de les entreprendre suavement à l’intérieur d’un objectif correspond à une vraie philosophie de la réalité magnifiée, la seule véritable, à vrai dire. C’est parce que le photographe sait regarder sa ville d’adoption à travers une fenêtre ou des femmes sur le balcon qu’il devient capable d’observer un peu plus tard d’autres lieux avec discernement et parfois contemplation. Que ce soit Paris, Évora, Lausanne, Lisbonne, New York, tout lui paraît soudainement opportun, dynamique, rêvé. Et même Montréal, cette ville énigmatique et fascinante, dont il peint l’obscurité illuminée par le brouillard.
Fasse le lecteur ou la lectrice, de par la grâce de Dieu, se laisser convaincre et envahir, et ainsi goûter un moment de bonheur réitéré.

Benoît PATAR

 

" C’est que devant le médium photographique qui atteste pourtant la véracité des espaces figurés, il y a toujours négociation, voire hésitation, entre la vision, la croyance en la plausibilité de la représentation, le savoir et l’imaginaire lui-même mouvant."

Extrait de l'introduction, par Nycole PAQUIN

 

Les Presses Philosophiques ont le plaisir d’annoncer la parution d’un important livre de Jean Lauzon intitulé Images de la photographie. Cette publication regroupe une série de textes rédigés au cours des vingt dernières années, où l’auteur  présente une perspective inédite de la photographie qu’il nomme contexture photographique.
            Traditionnellement, l’interprétation des images passait par un questionnement sur les intentions de leurs auteurs. S’en est suivie une période que l’on a nommée autoréférentielle où l’œuvre d’art se suffisait à elle-même : il suffisait, pour l’interpréter correctement, de l’analyser exclusivement en fonction de ses paramètres internes. Depuis quelques décennies, l’apport de l’interprète, du spectateur de l’œuvre, est de plus en plus considéré. C’est en ce sens que les processus d’interprétation sont davantage redevables d’un processus de négociation entre l’œuvre et son récepteur que d’un simple constat d’existence ou d’appréciation du projet des auteurs.
            D’autre part, si le rôle du spectateur doit être considéré, cela se fait en fonction d’un type d’œuvre particulier, en l’occurrence la photographie. C’est pour cela que l’auteur du présent ouvrage insiste particulièrement sur un échange entre les percepts (ce qui est perçu) et les concepts (ce qui est su et conçu) réalisé par le récepteur d’une photographie pour se prononcer sur une quelconque interprétation. Ainsi, l’image photographique est à la fois opaque (ce qui est montré sur l’image) et transparente (ce qui est désigné par l’image), son interprétation devant nécessairement passer par une interaction pour ainsi dire dialectique entre ces deux pôles avant d’en arriver à une appréciation qui pourra du reste changer avec le temps.
            Jean Lauzon est docteur en sémiologie de l’Université du Québec à Montréal. Sa thèse de doctorat a été publiée en 2002 par Les Presses de l’Université d’Ottawa sous le titre de La photographie malgré l’image. Nycole Paquin, professeure à l’Université du Québec, qui en signe la préface, écrit: « Pour quiconque s’intéresse à la photographie, les études de Jean Lauzon sont devenues à juste titre une source théorique incontournable. »  

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"Jean-Luc Monterosso vous remercie de l'ouvrage que vous lui avez fait parvenir Images de la photographie qui regroupe vos principaux textes.
C'est un recueil très utile et très important qui permet de voir une pensée à l'oeuvre et de mesurer votre apport dans le processus de compréhension des signes.
Apport capital et d'une pertinence absolue. Un livre désormais incontournable."

Jean-Luc Monterosso est le directeur de la Maison Européenne de la Photographie.

 

 

 

i n t r o d u c t i o n

PHOTOGRAPHE professionnel depuis le début des années 1970, théoricien et auteur de nombreuses publications, Jean Lauzon poursuit une démarche où se rencontrent la photographie documentaire et la construction contrôlée des espaces.

Dans ses dernières productions, l'artiste privilégie les plans obliques comme noyaux de sens, comme embrayeurs de relations déconcertantes qui s'installent dans le regard à chaque fois que l'équilibre des choses représentées risque de basculer.

Lauzon mise sur une situation paradoxale entre la stabilité du cliché qui suspend le mouvement et la force directionnelle des plans internes. Cette tension médium-contenu y est travaillée de diverses manières. Parfois, le cadrage même incline les motifs plutôt stables; ailleurs, la direction des espaces architecturaux sert de prétexte, les escaliers par exemple; dans d'autres cas, l'obliquité accidentelle d'un objet secondaire indexe la dynamique entre les horizontales et les verticales.

Partout, l'oblique a pour effet de toucher les fibres les plus sensibles et les plus fondamentales du corps. Celles qui obéissent aux lois de la gravité; celles par lesquelles nous évaluons tous les espaces qui nous entourent; celles qui, par extension, dirigent en sourdine le jugement esthétique dans le sens de bien être ou de mal être.

Parce que l'artiste saisit sur le vif des situations quotidiennes et qu'il cadre des sites familiers, la saveur documentaire de l'image rend l'obliquité des plans et des composants d'autant plus percutante et vitale. Comme si ces images avaient pour mission de pointer la dynamique spatiale des scènes et des choses les plus banales.

Les photographies de Lauzon pressentent et représentent ainsi le déplacement, le mouvement, l'énergie, en un mot: la vie même.

Nycole Paquin, 1997.

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DE TOUTES LES FORMES de pratique artistique, celle de la photographie est la plus démocratique qui soit. Sans équivalent, sa singulière appropriation collective comme outil de documentation ou activité de loisir en a fait le plus souvent oublier son usage comme mode d’expression individuel, révélateur de talents hors normes, représentatifs de l’époque et du lieu qu’ils ont habité.

À cet égard, la constance et la rectitude d’une démarche comme celle de Jean Lauzon fait figure d’exemple. Arrivée à la photographie il y a près de quarante ans, celle-ci demeure encore aujourd’hui au centre d’un parcours nourri par les lettres, les communications, l’histoire de l’art et la sémiologie. Il est à la fois observateur et intervenant d’une remarquable longévité au sein du milieu culturel drummondvillois, auquel il a apporté une contribution très significative tant par des articles de presse que des publications, des expositions, un enseignement, un musée.

Récurrente tout au long de son cheminement, la photographie qu’il pratique révèle tout autant des affinités qu’une attitude. On y dénote un intérêt envers l’architecture et la représentation humaine que ce soit par le portrait ou la mise en situation. Ses points de vue sont souvent inhabituels. Ils usent notamment de perspectives plongeantes ou lointaines, souvent  dynamisées par des diagonales très prononcées. On y retrouve régulièrement des oppositions, que ce soit par un savant dosage de lumière et d’ombre, l’intégration du vivant et du non vivant, l’utilisation d’images en tandem, à la fois semblables mais divergentes. Lointainement connotées du genre documentaire social dont elles sont initialement issues, ses images en ont conservé une très grande humanité. Un humour raffiné s’y niche volontiers. Leur aspect énigmatique tient en partie de ce que leur action se situe hors cadre.   

Ses scènes montrent un univers simple et proxémique que seule la photographie peut rendre à cause de leur caractère fugace. Elles révèlent un attrait pour le dépaysement et une forme de beauté secrète des gens et des choses, celle que l’usure du quotidien n’aurait pas encore atteint. Son utilisation du noir et blanc qui constitue en soi une difficulté supplémentaire, contribue à leur donner un aspect sans âge qui les feront traverser le temps et les modes. Sa signature visuelle a sa place dans l’histoire de la photographie québécoise contemporaine où certaines de ses images font déjà figure de classiques.

Normand Blanchette, 2008.

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State-of-the-art, ces photos, comme toutes les images antérieures, d'ailleurs.
Je pense que votre crédibilité de théoricien est multipliée par mille, dès l'instant où vous nous rappelez que, vous aussi, vous chaussez parfois les patins pour évoluer avec une maîtrise consommée sur la patinoire de prédilection des ligues majeures.

David Thorne-Alexander, 2009.

 

 

 

 

 

 

 

 

p o r t - f o l i o

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