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TASSETTE, s. f. Plate d'acier, d'une seule pièce, attachée à la dernière lame de la braconnière ou des flancars, et destinée à préserver la cuisse. Les tassettes sont les doublures mobiles des cuissots, qui avaient surtout pour effet d'empêcher le fer de lance ou la pointe de l'épée de passer sous la dernière lame de la braconnière. Elles préservaient aussi les cuisses du choc des masses et haches d'armes.

Les tassettes n'apparaissent qu'avec l'armure de plates. Ce sont d'abord des lames supplémentaires suspendues à la braconnière sur l'axe antérieur, puis deux plates en forme de tuile, descendant sur chaque cuisse (fig.1) Ces deux plates sont bouclées par-dessus la dernière lame de la braconnière ou des flancars, pour qu'étant à cheval, le coup de pointe remonte vers la ceinture. Car on observera que les lames des flancars se recouvrent de bas en haut En A, l'une des tassettes est indiquée de face, et en B de profil. En outre, à cette époque, on suspendait sous la dernière lame de la braconnière, par derrière, une petite tassette C, destinée à préserver le coccyx. Cette petite tassette flottait sur le troussequin.

On essaya aussi des tassettes rivées à la dernière lame de la braconnière (fig.2)et alors les lames de la braconnière étaient articulées et avaient assez de jeu, pour qu'étant à cheval, la tassette fit mouvoir les lames de cette braconnière, ainsi qu'il est indiqué en D. Dans ce cas, les lames de la braconnière du devant n'étaient point attachées latéralement par des courroies aux lames de derrière. Les deux parties étaient indépendantes, et les lames de derrière, étaient également articulées, formaient une forte saillie pour laisser passer le troussequin et le couvrir. En A, est tracée la section sur ab de la tassette, et en B son profil vertical, la face interne étant en C Une petite tassette latérale supplémentaire masquait le défaut du cuissot au-dessous de l'humérus.

Mais ces tassettes rivées à la dernière lame des flancars ne paraissent pas avoir été généralement adoptées, elles gênaient évidemment le mouvement des cuisses. On s'en tint donc aux tassettes attachées au moyen de courroies.

Vers 1450, les tassettes étaient disposées ainsi que l'indique la figure 3. Les deux grandes de devant couvraient le haut des cuisses et étaient attachées comme le montre la figure ; de telle sorte que la courroie latérale étant plus lâche que n'était celle de face, la plate pouvait plus facilement se prêter au mouvement de la cuisse et la mieux couvrir, lorsque l'homme d'armes était à cheval. Les petites tassettes latérales subsistaient pour couvrir le défaut de la braconnière et garder l'humérus. En A, est donnée la section transversale d'une des grandes tassettes vers la moitié de sa hauteur.

Dessous les tassettes, était posé le jupon de mailles, qui dépassait la dernière lame des flancars de quatre ou cinq pouces.

On en vint, vers 1470, à donner aux quatre tassettes (les deux de face et les deux latérales) la même dimension. Elles formaient ainsi, au bas de la braconnière, une sorte de jupon de plates (fig.4). Ces tassettes s'attachaient toujours au moyen de courroies par-dessus la dernière lame de la braconnière. Le jupon de mailles couvrait les intervalles et descendait un peu au-dessous de l'extrémité de ces plates mobiles.

Ces sortes de tassettes étaient usitées avec l'armure du temps de Louis XII. On commençait alors à canneler les flancars, et les cannelures des tassettes correspondaient à celles de ces flancars, afin de conduire le fer de la lance à la ceinture, où alors il déviait à droite ou à gauche.

Sous Charles VIII et Louis XII, on abandonna ces tassettes pour adopter des garde-cuisses articulés (fig.5), avec braguette d'acier proéminente. Alors on portait sur l'armure une cotte large. Ces tassettes garde-cuisses s'attachaient ainsi qu'il est indiqué en A, et légèrement cannelées, se composaient de quatre ou cinq plates se recouvrant de bas en haut.





HAUBERT, s. m. (osberc, hauberc, haubergeon) Tunique de mailles à manches et habituellement à capuchon.

Les tuniques faites de maillons dataient de l’antiquité, puisqu’on en voit figurées sur les trophées du soubassement de la colonne Trajane. Il est à croire que l’Orient fournissait alors ces habillements défensifs mais, en Occident, on ne les trouve guère représentés sur les monuments avant les premières croisades. A dater de cette époque, le haubert de mailles est au contraire le vêtement le plus important du chevalier. On le porta d’abord long de jupe, afin de bien couvrir les jambes du cavalier. Cette jupe était fendue par devant et par derrière, et tombait ainsi des deux côtés des arçons. On passait le haubert par le haut du corps, comme une chemise, et il était muni d’un capuchon qui tombait sur les épaules ou que l’on mettait sous le heaume.

Les maillons des plus anciens hauberts sont larges (1 centimètre environ de diamètre) et faits de fils d’acier assez gros (2 millimètres environ). Ces maillons sont rivés et soudés à chaud (fig. 1). l’un des bouts passant dans un œil (voyez en A).

Le haubert treslie, ou jazerant, est le haubert de mailles. L’épithète de "blanc" donnée si souvent au haubert indique qu’il était soigneusement poli et brillait au soleil. Plus tard, pour désigner une armure de plates d’acier simplement polie, on disait un "harnois blanc".

Par-dessus le haubert on endossait déjà pendant le XIIe siècle la cotte d’armes, faite d’étoffe de lin ou de soie, qui empêchait les rayons du soleil de chauffer ce vêtement et le préservait de la rouille. Seul le capuchon du haubert était doublé de soie, mais le haubert était invariablement posé sur le gambison. On le portait habituellement sans ceinture. Le baudrier de l’épée en tenait lieu. Dans l’article ARMURE, nous avons montré des hommes d’armes vêtus du long haubert de mailles. Les plus anciens, ceux de 1160 environ, sont d’une pièce, comme un large fourreau, ne dessinant ni la taille, ni les hanches. Vers 1200, la fabrication du haubert est déjà perfectionnée ce vêtement s’ajuste mieux au corps (fig. 2). Il descend à mi-jambe, fendu plus ou moins haut devant, derrière et parfois latéralement.

Les maillons (voyez en A) sont bien rivés et soudés chaque maillon étant pris par quatre autres. Le capuchon, qui est souvent rapporté, découvre le crâne d’abord ou bride le visage vers 1210, ainsi qu’on le voit en B.M.W. M. Riggs possède dans sa collection d’armes un haubert de la fin du XIIIe siècle, un peu moins long que n’est celui-ci — car alors étaient-ils plus courts —qui n’a que 80 centimètres du devant de l’encolure au bas de la jupe, mais dont la fabrication est excellente. Le bas de la jupe est terminé par quatre rangs et les poignets par six rangs de maillons de cuivre jaune. Ce vêtement pèse 9kgs500 (21 lb). Ces pièces sont extrêmement rares.

Un bon haubert était très estimé, était fort long à fabriquer et coûtait par conséquent fort cher aussi n’y avait-il que la noblesse qui en portât.

Le haubert "doublier" était fait de maillons doubles en quelques parties du corps, aux épaules et sur la poitrine. Il se posait invariablement d’ailleurs sur un vêtement de peau ou de soie rembourré, qui était le gambison.

Pour endosser ou enlever ce vêtement il fallait l’aide d’un écuyer, car il était impossible de l’ôter soi-même. Pour le vêtir, on inclinait fortement le corps en avant en tendant les deux bras et l’écuyer présentait le haubert par la jupe en le faisant glisser le long du dos. Les mitaines tenaient habituellement aux manches du haubert dès la fin du XIIe siècle (voyez GANTELET). Mais ces mailles préservaient assez mal les bras on revêtait donc souvent les manches d’une doublure de peau, indépendamment du gambison sous-jacent. De l’autre côté du Rhin, les vêtements de cuir paraissent avoir été longtemps adoptés, et même avoir parfois remplacé entièrement le haubert de mailles jusque vers le commencement du XIIIe siècle.

La figure 3 présente un de ces vêtements de peau sur un gambison d’étoffe. Le capuchon de ce personnage de même fait de cuir et possède deux pattes croisées sous le menton, de manière à bien envelopper le visage. Suivant l’usage admis en Allemagne et qui se perpétue jusqu’au milieu du XIIIe siècle, le baudrier se compose, indépendamment du ceinturon de cuir, d’une ceinture d’étoffe. Ce genre de haubert de peau n’est pas habituel en France bien que nos monuments figurés en fournissent quelques exemples.

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On portait, vers 1230, le haubert avec ou sans cotte d’armes (fig. 4) L’habitude de porter la cotte d’armes invariablement sur le haubert ne parait dater que de la première expédition de saint Louis outre mer. Le soleil d'Égypte dut faire admettre définitivement ce vêtement de dessus par la chevalerie française. Cette première cotte d’armes était sans manches et parfois rembourrée aux épaules. Ce ne fut que vers 1320 que la cotte d’armes prit des manches larges recouvrant celles du haubert, non plus justes aux poignets, mais amples aussi (fig. 5). Seules, les manches de gambison étaient ajustées, faites de peau piquée. Alors le haubert ne descendait qu’au-dessus des genoux et la cotte d’armes à mi-jambe, flottante.

La figure 6 donne un de ces hauberts du milieu du XIVe siècle, sans le capuchon. Les maillons sont d’acier, ronds plus tard on adopte les maillons de fils d’acier plats, lesquels couvraient mieux le corps en laissant moins de vides entre eux (fig. 7), puis on donne plus de résistance à l’encolure, aux épaules, au moyen d’un tissu de mailles très fines et plates (fig. 8). Mais ce perfectionnement n’apparaît guère qu’au commencement du XVe siècle.

Sous le surcot d’armes du temps de Charles V, on porte encore le haubert de mailles assez juste pour ne pas former des plis gênants sous ce corset très serré. Alors le haubert, pour pouvoir être endossé, devait être très fendu au cou ; s’il était fendu dans toute sa longueur, on rentrait dans la catégorie des jaques. Vers 1395, les manches de ce haubert étaient très amples et posées sur un gambison fortement rembourré, si les bras n’étaient pas armés de plates (fig. 9 ) ou très étroites et alors indépendantes du haubert, si les bras étaient armés de plates.

La collection de M. W. H. Riggs nous fournit encore un de ces hauberts-jaques (fig. 10) qui conserve ses garnitures. Le col du haubert est composé de mailles extrêmement fines et serrées (voyez en A). Les maillons du corps sont plus larges, mais admirablement faits. L’ouverture du col, sur la poitrine, est doublée d’étoffe, ainsi que l’entournure et les poignets des manches. Celles-ci s’attachent autour des aisselles par deux fortes ganses et l’épaule, ouverte de a en b, vient recouvrir la partie c sous les spallières d’acier. Ces hauberts-jaques ne descendaient qu’un peu au-dessous des hanches, afin de laisser aux jambes du cavalier toute leur liberté. Mais alors il fallait garantir le bas-ventre sur la selle. On portait, à cet effet, des braguettes de mailles très fines et plates. La figure 11 donne une de ces braguettes. Cette pièce d’armure s’attachait au gambison.

Avec l’armure de plates complète disparaît le haubert, et les mailles ne sont plus adoptées que par parties, pour couvrir les défauts, et cousues sur le vêtement de dessous, ou gambison, au droit du cou, des aisselles et de la saignée.

Pendant le XVe siècle, la maille, comme vêtement, n’est plus portée que par les archers et arbalétriers, en même temps que la brigantine on donne alors à ce vêtement le nom de jaque.





BRAC0NNIERE s. f. Pièce de l'armure de fer ou d'acier attachée à la pansière et à laquelle se suspendent les tassettes On donnait aussi à la Braconnière le nom de faudes ou flancars La braconnière est, à proprement parler, une ceinture de fer formant canal à la taille pour recevoir le ceinturon, et à laquelle sont attachées par des courroies sous-jacentes, une, deux, trois, quatre ou cinq lames mobiles couvrant les hanches. Les tassettes, suspendues à cette partie de l'armure de plates, couvrent partie des cuisses

On commence à adopter les braconnières lorsque le corselet de fer est substitué à la cotte de mailles ou à la broigne. Cette innovation exigeait que les hanches fussent préservées aussi bien que le torse par des lames d'acier. Mais il fallait tenir compte de la direction des coups de lance qui étaient le plus à redouter.

Si le corselet ou la pansière étaient bombés, l'inclinaison du corps aidant, le fer de la lance glissait et passait à droite ou à gauche, ou encore rencontrait la taille. Cette cannelure creuse de la braconnière, détournait le fer. Si la pointe de la lance prenait le bas des hanches, les lames inférieures de la braconnière le forçaient à glisser jusqu'à la ceinture et il était détourné par la cannelure.

Les premières braconnières, vers la fin du règne de Charles V, sont longues et composées de trois et même de cinq lames, la dernière recevant la ceinture militaire (fig.1). Le corselet de cet homme d'armes est compose de rangs de plaques d'acier rivées. De la taille au haut des cuisses est une braconnière de cinq lames se recouvrant et de la lame creuse à la taille, dont le tracé A donne le profil et les recouvrements, celles inférieures recouvrant les supérieures, afin qu'étant en selle, la pointe de la lance glissât de l'une sur l'autre jusqu'à la ceinture, ou elle était déviée par la cannelure à droite ou à gauche. Ces lames sont rendues solidaires par deux courroies, a pour la partie antérieure et b pour la partie postérieure, rivées de manière à laisser le jeu nécessaire aux mouvements du cavalier. Ces courroies sont fixées sous la pansière et la dossière de plates. Une ceinture et deux courroies à boucles, de chaque côté, réunissent les deux parties de la braconnière.

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A cheval, la partie postérieure de ces braconnières recouvrait le troussequin de la selle (fig.2) et la partie antérieure était couverte par l'arçon de devant.

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Mais, au commencement du XVe siècle, ces sortes de cuirasses ne sont plus usitées et sont remplacées par le corselet de fer, sur lequel sont posées la pansière et la dossière avec lesquelles la ceinture de la braconnière ne fait qu'une même pièce de forge. La braconnière alors se compose de trois lames par devant et de trois lames par derrière. De petites tassettes y sont suspendues par des courroies externes (fig.3) Vers 1430, les braconnières sont moins longues, ne portent que deux lames et la ceinture est parfois indépendante de la pansière et de la dossière, ou du moins la cuirasse se compose comme la braconnière de plusieurs lames à recouvrement, celle inférieure formant ceinture (fig.4) Deux tassettes sont attachées à la braconnière antérieure pour couvrir les cuisses et une seule est suspendue à la braconnière postérieure pour préserver la chute des reins. La figure 5 donne la dossière et la braconnière postérieure avec les courroies de cuir qui se bouclent dans la cannelure de la ceinture de pansière. Alors, vers 1430, les braconnières variaient de hauteur, suivant le goût de chacun, ou plutôt les allures du cavalier.





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