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HALLEBARDE, s. f. Cette arme d’hast, introduite en France par les Suisses et les Allemands au commencement du XVe siècle, ne paraît toutefois avoir été adoptée d’une manière régulière, pour les troupes à pied que sous Louis Xl, si l’on en croit le président Foucher, qui écrivait à la fin du XVle siècle. La hallebarde, au moment où on la voit représentée pour la première fois sur les miniatures françaises, c’est-à-dire au commencement du XVe siècle, peut bien se confondre avec la «corsèque», arme des fantassins corses, ou le «roncone», arme d’hast italienne, très-répandue en Allemagne pendant les dernières années du XVe siècle, ou encore la pertuisane.

Le fer de la corsèque se composait d’un long dard, avec deux oreillons tranchants, au bout d’une hampe de près de 2 mètres de longueur. La figure 1 donne une de ces corsèques du milieu du XVe siècle, admirablement forgée. Il est évident que les oreillons étaient faits pour accrocher les armures de plates en s’introduisant dans les défauts. Ces crochets sont épais, à tranchants obtus, ne pouvant guère servir à tailler. Cet usage explique la longueur de cette arme (2m,54) ; il fallait aller chercher le cavalier à une distance assez longue. La pertuisane est une arme d’hast à long fer pointu et tranchant, quelquefois avec de petits oreillons.

 

Le roncone est une arme d’hast assez semblable à la corsèque, si ce n’est que le dard est plus long et les oreillons retournés (fig. 2). La roncone A est une belle arme qui, avec sa hampe, portait 3 mètres au moins de longueur. En l, est donnée la section de la douille; en g, la section du dard sur g h, et en i, la sec­tion d’un oreillon.

Le roncone B possède des oreil­lons avec pointes acérées. En a’, est donnée la section du dard sur ab ; en f, la bouterolle ; en d, la section de la douille et en c, la marque de fabrique représen­tant une cisaille.

Quant à la hallebarde proprement dite, elle affecte, vers le milieu du XVe siècle, une forme très-singulière. Elle possède le dard (fig. 3) , un oreillon dirigeant sa pointe obliquement vers l’extrémité, un autre vers le bas de l’arme, puis un second oreillon découpé en contre-bas, et deux crochets chevauchés au-dessus de la douille. En a’, est tracée la section du dard à la hauteur, a; en b, le profil de l’arme.

Ce fer, lourd, épais, servait à fausser les armures à l’aide des deux oreillons c, c’, à les accrocher au moyen de l’oreillon d. Les oreillons inférieurs servaient de gardes.

Adroitement maniée, la hallebarde de guerre était une arme terrible.

Le fer de celle-ci est forgé et aciéré avec soin ; il porte, comme marque de fabrique, le scorpion.

La hampe de ces hallebardes avait environ 2 mètres de longueur.

Nous ne parlerons pas ici des hallebardes de parade, si fort usitées depuis le XVIe siècle, et qui ont été reproduites bien des fois. Il en est qui sont d’une grande richesse comme gravure et damasquinerie.