SALADE, s. f. Habillement
de tête qui ne commence à être adopté que vers les
premières années du XIVe siècle encore n’est-il pas bien certain
qu’alors on lui donnât ce nom. A cette époque, on essaya de divers casques.
Le heaume était lourd et gênant dans le combat le Chapel de fer ne garantissait
pas suffisamment le visage, non plus que la barbute; le bacinet n’était pas
encore perfectionné. On renforça la barbute d’un couvre-nuque très-long et
d’une visière. Nous considérons cet habillement de tête comme l’origine
du bacinet (fig. 1).
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A la place du camail de mailles, sont fixées au tymbre trois lames d’acier articulées, qui protègent la nuque, et une visière qui, étant abaissée, permet de voir entre sa partie supérieure et le frontal. Cette visière était assez mal combinée, car il est évident que le fer de la lance, venant à la toucher, pouvait glisser de la façon la plus dangereuse et pénétrer dans la vue. Aussi ne paraît-il pas que ce casque ait été d’un emploi fréquent. On ne le voit figuré que sur un très-petit nombre de vignettes entre les années 1300 et 1310. |
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La figure 2 montre cette salade, la visière relevée. Pendant le cours du XIVe siècle, la barbute fut en vogue lorsqu’on ne voulait pas se servir du heaume. Puis le bacinet, qui déjà se montre vers la fin du Xllle siècle, se compléte, et devient le casque de combat avec le chapel de Montauban. |
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A la fin du XIVe siècle, la barbute tend à se modifier et prépare la véritable salade du XVe siècle (fig. 3). Le timbre est puissant à l’arrière tête et couvre totalement la nuque. Cette salade ne tient pas au camail de mailles comme la véritable barbute; elle est indépendante et dépourvue de visière. |
Déjà dans les joutes on avait adopté un habillement de tête qui se rapproche sensiblement aussi de la salade, et qui consistait en un chapel de fer descendant jusqu’au milieu du visage et dont le bord antérieur était percé d’une vue. Tous ces essais conduisent à adopter le casque de combat du XVe siècle, excellente défense pour le cavalier comme pour le piéton. La salade remplaça avec avantage le bacinet, et fut portée conjointement avec l’armet jusqu’au XVIe siècle.
Il y a la salade sans visière,
la salade avec visière fixe et avec visière mobile.
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La salade sans visière est surtout l’habillement de tête du fantassin pendant la première moitié du XVe siècle (fig. 4 ). Forgée d’un seul morceau, elle consiste en un tymbre avec couvre-nuque prononcé. Deux courroies de cuir attachées sous le menton permettaient de maintenir ce casque fixe sur le crâne. |
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Le visage restait complètement découvert. Les archers portèrent ces sortes de salades pendant le cours du XVe siècle. Mais, à la même époque, on fabriquait déjà des salades à visières fixes (fig. 5 ). Les larges rebords couvraient les oreilles, ainsi que le visage, jusqu’au-dessous du nez, et en rejetant ce casque en arrière, on pouvait alors dégager les yeux. Une coiffe, rivée à l’intérieur du tymbre, facilitait cette manœuvre et empêchait le contact du fer et de la chevelure. |
Ces
sortes de salades sont généralement d’une excellente exécution et l’acier
en est très-dur. On observera que la vue est bien protégée par les deux
becs saillants qui la bordent les coups de pointe étaient ainsi détournés.
La forme du tymbre est parfaitement celle qui doit envelopper le crâne, en
laissant un isolement sur le front et un renfort dans l’axe, sorte de
cimier peu prononcé, qui parfois était orné d’une plume.
La salade avec visière fixe du cavalier enveloppait mieux le crâne, et par
conséquent tenait mieux sur la tête. Il faut considérer que les
habillements de tête des piétons étaient surtout faits, en vue de parer les
coups portés de haut en bas par les cavaliers. Dès lors ces rebords très-saillants
tout autour du tymbre étaient parfaitement motivés. Les cavaliers avaient à
craindre les coups d’estoc et aussi les chocs latéraux, bien plutôt que
ceux fournis de haut en bas. Ces bords latéraux saillants paraient assez mal
ces chocs latéraux, lesquels, bien appliquées, faisaient dévier le casque
et pouvaient même décoiffer l’homme d’armes.
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Pour les salades de la cavalerie, on adopta donc, vers la fin de la première moitié du XVe siècle, une forme quelque peu différente de celle que donne l’exemple précédent. Les jouées furent presque verticales, le tymbre très-prononcé, et le couvre-nuque saillant (fig. 6). La coiffe était fortement rivée à la base du tymbre et cette coiffe pouvait être serrée autour du crâne au moyen d’une courroie ou de cordons. |
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Cette pièce est forgée d’un seul morceau et d’un bel acier clair. Les têtes des rivets sont finement gravées en façon de boutons côtelés. Le cavalier portait sous cette salade un camail de mailles, et parfois aussi une bavière (fig. 7). La forme de cette salade est, il faut le dire, plutôt allemande que française; mais les hommes d’armes français ne se faisaient pas faute de porter, au XVe siècle, des armets italiens et des salades provenant des fabriques de Vienne ou de Nuremberg. |