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HEAUME, s. m. (helme, elme, hiaumet, yaume). Armure de tête.. Bien que le heaume proprement dit n'apparaisse qu'à la fin du XlIe siècle, nous comprendrons dans cet article les habillements de tête qui précèdent et que l'on peut considérer comme étant l'origine du heaume Le casque juste à la tête (cervelière), cassis, cassium, le casque légionnaire romain, n'a d'autre rapport avec le heaume que de protéger le crâne. Il consiste en une bombe de bronze, avec couvre-nuque, cimier bas et jugulaires, qui ne pouvait prendre sur la tête qu'une seule position, comme une calotte. Le heaume laisse entre le crâne et le métal un isolement plus ou moins considérable. Ample et immobile sur les épaules au besoin, il permet à la tête de se mouvoir dans sa concavité. La forme de cette défense ne se produit que successivement et est imposée par la manière de combattre, par la nécessité de résister à un mode d'attaque contre lequel le casque n était pas suffisamment défensif. Les Grecs portaient déjà des casques qui ont quelque rapport avec le heaume. La bombe en était très-élevée, et cette coiffure militaire pouvait se porter de deux manières, soit en dégageant le visage, soit en le masquant presque entièrement (fig. 1). C'est là, comme nous le verrons tout à l'heure, un véritable heaume. Les populations italogrecques possédaient des casques qui rappelaient encore la forme de ces coiffures, en se prêtant moins toutefois à ces deux positions différentes. Ces habillements de tête sont d'une rare beauté et s'adaptent merveilleusement au crâne, tout en laissant un isolement suffisant du front à l'occiput. |
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La figure 2 donne un de ces casques. Un nasal étroit remplace l'ample visière du casque dorien, et la bombe est dépourvue de cimier ; le couvre-nuque est vivement accusé. On pouvait relever ce casque de telle sorte que le nasal se trouvât sur le front. | ![]() |
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Le casque romain enveloppe exactement le crâne (fig. 3 ) et possède, outre un couvre-nuque peu saillant, deux jugulaires articulées. Le tymbre était parfois surmonté d'un cimier rivé au sommet ou attaché comme dans l'exemple donné ici, au moyen d'un crochet en avant et d'un trou en arrière. Ce casque romain parait avoir persisté fort tard dans le Gaules, car on le retrouve sur des vignettes de manuscrits des VIe et VIIIe siècles. Cependant les troupes du Nord, qui se répandirent dans les Gaules dès le Ve siècle, possédaient un habillement de tête qui n'avait que peu de rapports avec celui-ci, et qui dut influer sur les formes admises dans les premiers siècles du moyen âge. Le socle de la colonne Trajane nous fournit d'assez nombreux exemples des casques germains des populations daces, formes qui se rapprochent plus du heaume proprement dit que du casque gréco-italique et romain. |
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La figure 4 présente deux de ces casques barbares. L'un des deux, celui A, se compose d'un tymbre en dôme très relevé , surmonté d'une pointe : apex. Le couvre-nuque était fait de peau ou d'étoffe, recouvert d'écailles de métal et tombait en manière de petit camail sur les épaules. Des jugulaires également de métal couvraient les joues. Le casque B affecte une forme plus caractérisée. Le tymbre a la figure d'une corne et est renforcé de deux appendices plats qui composent un cimier sur le devant et par derrière. Peut-être l'extrémité supérieure de la corne était-elle garnie d'un bouquet de crins ou d'un ornement flexible. Les jugulaires et le couvre-nuque ne font qu'un. Il est difficile de ne pas voir dans ces casques les premier éléments des heaumes germains. Ils sont richement décorés d'ornements de métal et il ne faut pas chercher dans cette ornementation l'expression pure de la fantaisie du sculpteur, car il existe quelques-uns de ces objets de provenance barbare qui présentent la plus riche ornementation.
Entre autres, le casque découvert à Amfreville-sous-les-Monts (Eure), par M. Bizet
et donné au Musée du Louvre. Ce précieux objet a été décrit par nous dans la
Revue archéologique4, et plus récemment par M. Charles de Linas5 de la manière la
plus étendue et la plus complète. M. Ch. de Linas considère ce casque comme ayant
appartenu à quelque guerrier scandinave du IXe siècle. Les motifs sur lesquels le
savant archéologue se fonde paraissent plausibles, bien que la forme générale de cet
objet se rapporte à une date plus ancienne.
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Avant de nous occuper des heaumes du moyen âge, il est intéressant de rechercher
les diverses origines de cet habillement de tête des guerriers. Si le casque des
légionnaires romains laissait le visage découvert, il n'en était pas de même des
armures de tête de certains gladiateurs. Les coiffures étranges adoptées par ces
combattants du cirque étaient-elles une importation des barbares, Germains et autres? L'extrême variété que l'on observe dans la forme de ces casques ferait
croire qu'ils appartenaient à des peuples d'origines différentes. Ces formes ne
rappellent, ni celles admises en Grèce, ni celles des nations orientales de l'Asie
Mineure, de l'Égypte et de l'Assyrie. Ce n'était pas d'ailleurs dans ces contrées que
les Romains recrutaient leurs gladiateurs, mais chez les peuples du centre et du
nord de l'Europe. Que les conquérants du vieux monde aient fait combattre d'abord
les esclaves amenés à Rome avec les armes qui leur étaient familières et sous le
costume militaire qu'ils portaient chez eux, il n'y a rien là que de très-naturel et de
conforme aux usages de la cité victorieuse. Ainsi, dans ces jeux se seront conservées des armures étrangères aux usages des Romains, fabriquées exprès pour
ce genre de combat. De ce fait nous ne déduirons pas que certaines formes signalées dans les premiers siècles du moyen âge soient une imitation de celles
conservées par les gladiateurs, mais que les unes et les autres ont une origine
commune et que les peuplades du nord de l'Europe portaient dès l'époque romaine
des armures dont on trouve la trace chez les gladiateurs et plus tard chez les descendants des nations qui fournissaient ces gladiateurs.
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Dans cet habillement de tête d'un gladiateur (fig. 5) il est difficile de ne pas reconnaître une origine barbare. Cette singulière coiffure, faite de cuivre repoussé, toute couverte de granules obtenus au poinçon, qui devait miroiter au soleil comme les élytres de certains scarabées, avec son énorme couvre-nuque et ses gardes latérales, est inspirée du camail de laine que portaient certaines peuplades de la Gaule. Parmi ces casques de gladiateurs, il en est qui sont pourvus de cimiers énormes, d'appendices latéraux et de yen-tailles (fig. 6) ce sont de véritables heaumes. Cependant les Francs étaient rarement coiffés de casques, si l'on en croit les historiens ontemporains. Les quelques casques que nos collections donnent comme étant gaulois, ce qui est hypothétique, n'ont nul rapport avec celui que présente la figure 5. |
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Les casques coniques ou à tymbre hémisphérique trouvés dans le nord de l'Italie diffèrent entièrement de ces casques à cimier et à ventaille (fig. 7) On observera que ce casque, fait de pièces de bronze rivées, est muni devant et derrière de deux pitons qui recevaient un cimier d'une forme particulière, fait de cuir coloré (fig.7 bis) et que l'on trouve presque toujours figuré sur les peintures carlovingiennes. Ces casques carlovingiens se rapprochent beaucoup plus, comme forme, de l'exemple figure 7 que des casques coniques. |
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Ils ressemblent assez à nos morions du
XVIe siècle (fig. 8) La visière se relève en triangle par devant et s'abaisse latéralement pour couvrir les oreilles et se réunir au couvre-nuque. Les cimiers de ces casques sont toujours colorés et paraissent faits d'une matière souple, comme le serait du cuir. Ils forment une crête découpée. Ces coiffures ne rappellent en rien ni les casques coniques à nasal, ni les casques barbares de la colonne Trajane, ni la plupart des casques de gladiateurs. Il faut donc, croyons-nous, chercher l'origine du heaume dans les coiffures militaires de l'Orient septentrional. C'est une armure appartenant aux Aryas aussi la voyons-nous sur la tête des Normands dès le
IXe siècle, et il se pourrait bien que les casques prétendus gaulois, et trouvés non loin des côtes de la Manche appartinssent à des Scandinaves. M. Charles de Linas émet de son côté cette opinion et l'appuie de documents qui semblent probants. On pourrait donc admettre que le casque conique à nasal est d'importation normande ou scandinave, et n'apparut en France que vers le Xe siècle. Ce qui n'est pas douteux, c'est que ce casque conique à nasal se trouve très-fréquemment indiqué sur les monuments du XIe siècle et qu'il est adopté jusqu'à la fin du XIIe. |
Un peu plus tard, à l'arrière du casque, est fixé un anneau d'où pend une écharpe en manière de fanons et servant de
couvre-nuque, ou, ce qui est plus fréquent, à la base du tymbre est rivé un couvre nuque de métal, ainsi qu'on le
voit représenté dans le chariot qui, sur la tapisserie de Bayeux, porte les armes au
lieu de l'embarquement. Ce casque conique était fait de plusieurs pièces rivées et se |
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