![]()
CERVELIERE, s. f. Coiffure de mailles ou de plaques de fer enveloppant exactement la partie supérieure du crâne, comme une calotte.
Le mot «cervelière» était admis au commencement du XIVe siècle, pour désigner une coiffure militaire qui d’ailleurs est fort ancienne, puisqu’on la voit représentée sur des monuments d’une époque très antérieure.
Cette coiffure portait-elle alors le même nom? Nous ne pourrions l’affirmer, nous classons toutefois dans cet article toutes les calottes de fer battu ou de mailles qui étaient justes au crâne et qui ne sont, ni des heaumes, ni des bacinets, ni des salades, ni des chapels, ni des morions, ni des armets, ni des barbutes.
![]() |
Les monuments carlovingiens montrent déjà des casques qui ne sont que de véritables cervelières. Du VIIIe au commencement XIIe siècle, il n’est pas rare de voir des hommes d’armes représentés coiffés d’un casque qui ressemble fort à celui adopté par les troupes des Romains, sauf le cimier, et qui ne consiste qu’en une bombe avec couvre-nuque très-court, non saillant, muni parfois de lanières de peau ou d’étoffe pour garantir le cou (fig. 1) Ce casque n’est qu’une cervelière. Il est parfois légèrement conique et muni d’une capeline de peau. Mais c’est à dater de la fin du XIIe siècle, c’est-à-dire du règne de Philippe-Auguste, époque où le harnais de l’homme d’armes se perfectionne d’une manière sensible, que la cervelière est une pièce régulière de l’habillement de tête. |
Alors, ou elle est sous-jacente au camail de mailles, ou en fait partie, ou est posée par-dessus. Dans le premier cas, elle est faite de toile ou de peau et n’est qu’une façon de serre-tête dans le second, elle est faite de maillons et dans le troisième, de fer battu.
![]() |
La cervelière sous-jacente au camail, de la fin du XIIe siècle et du commencement du XIIIe, n’est donc qu’une coiffe de peau ou de toile rembourrée, prenant exactement la forme du crâne et formant bourrelet au-dessus des oreilles (fig. 2) de telle sorte que le camail de mailles, s’appuyant sur ce bourrelet, ne pouvait offenser la tête sous la pression du heaume ou par suite d’un choc. Le camail de mailles était garni d’une étroite lanière de peau que l’on serrait à volonté ce qui permettait de maintenir la cervelière sous jacente exactement sur le crâne. La seconde cervelière (celle de mailles) ne semble pas avoir été usitée avant le milieu du XIIIe siècle. |
![]() |
|
![]() |
|

![]()